Mammite chez la brebis et la chèvre : signes et prévention
Repérez tôt la mammite chez la brebis et la chèvre, sachez quoi faire et quand appeler le vétérinaire, et tenez des fiches qui évitent les récidives.

La mammite est une infection et une inflammation de la mamelle, le plus souvent due à des bactéries qui entrent par le trayon. Chez la brebis et la chèvre, elle se traduit par un quartier chaud, gonflé et douloureux, un lait anormal (grumeaux, aqueux, sanglant) ou un petit affamé et faible. Il faut la repérer tôt, isoler la femelle, appeler le vétérinaire et noter le cas pour pouvoir réformer les femelles chroniques.
La mammite ne concerne pas seulement les élevages de chèvres laitières. Dans un troupeau à viande, elle grignote la rentabilité sans bruit : les agneaux et chevreaux d'une mère atteinte grandissent mal ou meurent de faim, un quartier peut être perdu pour toujours, et les formes graves peuvent tuer la femelle en quelques jours. Heureusement, la plupart des cas sont liés à des facteurs que l'éleveur maîtrise : hygiène, litière, traite et sevrage.
D'où vient la mammite ?
Les bactéries viennent d'une litière sale et humide, de la bouche des petits, des mains du trayeur ou du matériel, ou de blessures sur le trayon. Les facteurs de risque sont bien connus :
- Bergerie humide et litière sale, surtout autour des mises bas.
- Blessures des trayons : sol caillouteux, épines, piqûres d'insectes, dents des agneaux.
- Sevrage ou tarissement brutal alors que la mamelle est encore pleine.
- Mauvaise hygiène de traite : mains non lavées, chiffon commun à tout le troupeau, traite incomplète.
- Tétée déséquilibrée, par exemple un agneau unique qui ne tète qu'un côté.
- Femelles âgées ou ayant déjà eu une mammite, plus exposées à la récidive.
- Mauvais état corporel, qui affaiblit les défenses.
On distingue deux formes. La mammite clinique se voit sur la mamelle ou dans le lait. La mammite subclinique ne donne aucun signe visible mais réduit la quantité et la qualité du lait ; on la détecte avec un test comme le CMT (California Mastitis Test) ou une analyse au laboratoire.
Les signes à surveiller chaque jour
Pendant l'allaitement ou la traite, un coup d'œil aux mamelles doit faire partie du tour quotidien :
| Ce que vous voyez | Ce que cela peut signifier |
|---|---|
| Un quartier chaud, dur, gonflé ou douloureux | Mammite clinique aiguë |
| Grumeaux, lait aqueux ou rosé | Mammite clinique, même si la mamelle paraît normale |
| Peau de la mamelle froide, bleue ou noire | Mammite gangreneuse : urgence |
| La mère refuse la tétée, donne des coups | Douleur à la mamelle |
| Petit affamé, qui bêle et s'affaiblit | Mère atteinte ou manque de lait |
| Nodules durs après le sevrage | Infection ancienne ou chronique |
| Fièvre, perte d'appétit, boiterie d'un postérieur | Femelle malade, la mamelle est une cause fréquente |
La forme gangreneuse mérite une mise en garde : si la peau devient froide et foncée, la femelle peut mourir très vite. Appelez immédiatement le vétérinaire.
Que faire le jour où vous trouvez un cas ?
- Isolez la femelle avec ses petits dans un enclos propre et sec pour la surveiller.
- Appelez le vétérinaire. Le choix du traitement, du produit et de la dose lui revient. N'utilisez jamais un reste d'antibiotique d'un autre cas.
- Videz le quartier atteint seulement si le vétérinaire le conseille, avec des gants, et jetez ce lait loin des animaux.
- Soutenez les petits au biberon ou par adoption le temps que la mère guérisse.
- Respectez le délai d'attente indiqué par le vétérinaire pour le lait et la viande.
- Notez tout : date, côté atteint, signes, traitement, nom du vétérinaire et résultat.
Une prévention qui marche
Prévenir coûte moins cher que traiter, et protège aussi la prochaine saison de mises bas.
Une zone de mise bas propre et sèche. Litière fraîche, bon drainage et assez d'espace : c'est la base. Les enclos surpeuplés et humides sont l'origine de la plupart des foyers.
Une routine de traite. Lavez et séchez vos mains, utilisez un chiffon ou papier propre par animal, trayez complètement et trayez les femelles atteintes en dernier. Votre vétérinaire peut conseiller un trempage des trayons après la traite.
Un sevrage et un tarissement progressifs. Réduisez le concentré quelques jours avant le sevrage pour faire baisser la production, puis contrôlez les mamelles les jours suivants. Notre article sur le sevrage des agneaux et chevreaux détaille la méthode.
Un contrôle des mamelles avant la lutte. Une femelle avec un quartier dur, bosselé ou sans lait aura du mal à élever des jumeaux. C'est le bon moment pour décider de la garder ou non.
Une quarantaine pour les nouvelles femelles. Les animaux achetés peuvent apporter des infections. La quarantaine des nouveaux animaux permet de vérifier mamelles et état général avant de mélanger.
Une alimentation adaptée. Les brebis et chèvres maigres autour de la mise bas se défendent moins bien. Une ration équilibrée en fin de gestation et en début de lactation est rentable deux fois.
Réformer les cas chroniques
Certaines femelles font des mammites à répétition ou gardent un quartier abîmé. Les garder coûte cher : elles élèvent moins de petits, plus légers, demandent plus de soins et peuvent contaminer les autres. Motifs courants de réforme :
- Deux cas cliniques ou plus chez la même femelle.
- Un quartier dur, bosselé ou qui ne donne plus de lait.
- Une femelle qui n'arrive pas à élever ses petits sans aide, saison après saison.
Pour décider sereinement, il faut un historique écrit, pas des souvenirs : quelle brebis a eu une mammite l'an dernier ? Du même côté ? Comment ont poussé ses agneaux ?
Suivre la santé de la mamelle au quotidien
Une routine simple suffit :
- Enregistrez chaque cas comme maladie sur la fiche de la femelle, avec date, côté et signes.
- Ajoutez le traitement prescrit et un rappel pour le contrôle et la fin du délai d'attente.
- Utilisez le statut d'isolement pendant la séparation, pour que les ouvriers ne la remettent pas dans le lot.
- Suivez les pesées des petits : une portée qui pousse mal désigne souvent la mère.
- Relisez la liste des cas avant chaque saison de lutte pour choisir les réformes.
Dans Throf, chaque femelle a un historique santé (maladies, traitements, contrôles, rappels) et, pour les troupeaux laitiers, des relevés de lait. L'ouvrier enregistre le cas depuis son téléphone dans la bergerie, et la fiche suit l'animal par son numéro et la couleur de sa boucle. Au moment de préparer la saison suivante, l'historique est déjà là.
FAQ
Un agneau peut-il téter une brebis atteinte de mammite ?
Souvent, il refuse le quartier atteint car le lait est modifié et la tétée douloureuse. Vérifiez qu'il boit assez du côté sain ou au biberon, et demandez conseil au vétérinaire pour le cas précis.
Comment savoir si mes chèvres ont une mammite subclinique ?
Aucun signe visible : il faut un test comme le CMT sur chaque demi-mamelle ou une analyse de lait au laboratoire. Une baisse de production avec un lait d'aspect normal est un indice fréquent.
La mammite est-elle contagieuse entre animaux ?
Certaines bactéries passent par les mains du trayeur, le matériel, la litière et les petits qui tètent. Isoler les cas, les traire en dernier et garder la bergerie propre limite la propagation.
Faut-il réformer une brebis après une seule mammite ?
Pas forcément. Une brebis qui guérit complètement avec une mamelle normale peut rester. Les récidives ou un quartier qui reste dur ou sans lait sont les motifs habituels de réforme.
Informations générales uniquement — elles ne remplacent pas votre vétérinaire ni les services compétents de votre pays.


