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Flushing des brebis avant la lutte : quand et comment le faire

Le flushing des brebis avant la lutte augmente l'ovulation et les jumeaux s'il est bien placé. Calendrier, ration et brebis concernées pour plus d'agneaux.

Par Équipe Throf··6 min de lecture
Brebis à l'auge avant la saison de lutte — Throf

Le flushing consiste à augmenter l'énergie de la ration des brebis pendant environ 2 à 4 semaines avant l'introduction du bélier, puis à la maintenir pendant les premières semaines de lutte. Le but : une brebis qui reprend de l'état au moment de l'ovulation, donc qui libère plus d'ovules, est fécondée plus vite et porte plus souvent des jumeaux. Il marche surtout sur les brebis en état moyen.

Beaucoup d'éleveurs connaissent l'effet sans lui donner de nom : après une bonne saison des pluies, les brebis mettent bas plus d'agneaux. Le flushing transforme cette observation en plan volontaire, avec une date de début, une ration et une date de fin, au lieu de tout laisser à la pluie.

Pourquoi le flushing donne plus d'agneaux

Le nombre d'ovules libérés à chaque cycle dépend de l'état corporel de la brebis et surtout de son évolution. Une brebis qui prend du poids dans les semaines qui précèdent l'ovulation libère en général plus d'ovules qu'une brebis stable ou qui maigrit, même à poids à peu près égal.

Sur le terrain, cela se traduit par :

  • Un taux d'ovulation plus élevé : deux ovules au lieu d'un chez une partie du troupeau, d'où les jumeaux.
  • Une fécondation plus rapide : plus de brebis pleines dès le premier cycle, donc un agnelage plus groupé.
  • Une meilleure survie embryonnaire : une alimentation régulière en début de gestation aide les embryons à s'implanter.

Le flushing n'est pas magique pour autant. La race fixe le plafond : une race connue pour ses agnelages simples ne deviendra pas prolifique avec du grain. Le flushing rapproche simplement le troupeau de ce que sa génétique permet. Pour aller plus loin, lisez comment augmenter le taux de jumeaux chez les moutons.

Quelles brebis en profitent ? Commencez par l'état corporel

Avant d'acheter le moindre sac d'orge, notez l'état corporel. La méthode courante utilise une échelle de 1 à 5, à la main, sur la région lombaire juste derrière la dernière côte : on évalue la saillie des vertèbres et la couverture de muscle et de gras.

Note d'état corporelDescription rapideRéponse attendue au flushing
1 - 1,5Très maigre, os saillantsFaible ; il faut une remise en état plus longue et un contrôle sanitaire
2 - 2,5Maigre à moyenneLa meilleure ; c'est ici que le flushing paie le plus
3 - 3,5BonneMoyenne à faible ; garder une courbe montante sans excès
4 et plusGrasseNulle ou presque, voire négative ; ne pas ajouter d'énergie

Les brebis très maigres ont d'abord besoin qu'on traite la cause : vers, dents, boiteries ou maladie chronique. Revoyez votre programme de vermifugation des moutons et chèvres avec votre vétérinaire avant la saison : l'orge supplémentaire ne sert à rien si la brebis nourrit ses parasites.

Faites deux ou trois lots selon l'état, et ciblez d'abord le lot moyen.

Calendrier et ration : un plan concret

Calendrier. Commencez environ 2 à 4 semaines avant l'entrée du bélier et continuez pendant les 2 à 3 premières semaines de lutte. Revenez ensuite progressivement à une bonne ration d'entretien. Évitez les coupures brutales : le début de gestation est sensible aux variations alimentaires.

Sources d'énergie courantes :

  • Orge, maïs ou mil : un complément modéré de grain chaque jour, introduit progressivement sur une semaine environ. Beaucoup d'éleveurs distribuent à peu près 250 à 500 g par tête et par jour selon l'état et la qualité du fourrage ; l'idéal est de fixer la quantité avec un conseiller en alimentation.
  • Un bon pâturage vert quand il existe : c'est le flushing le moins cher.
  • Foin ou luzerne de bonne qualité, ou fanes d'arachide et de niébé, comme base fourragère stable.
  • Pierre à lécher et minéraux en libre accès, et de l'eau propre en permanence.

Précautions importantes :

  • N'introduisez jamais le grain d'un coup : une hausse brutale peut provoquer acidose et météorisation.
  • Prévoyez assez de place à l'auge pour que les dominantes ne mangent pas la part des plus faibles.
  • Plus de concentré augmente le risque d'entérotoxémie chez les animaux non vaccinés. Vérifiez avec votre vétérinaire : le programme de vaccination doit suivre le calendrier du vétérinaire local ou du ministère.

Et pour les chèvres ?

Le principe est le même : une chèvre en état moyen qui reprend du poids avant la saillie donne plus souvent des jumeaux. Mais beaucoup de races caprines sont déjà plus prolifiques que les ovins ; le gain principal est alors une meilleure fertilité et des mises bas plus groupées. Les chèvres laitières demandent une attention particulière : ne cumulez pas pic de lactation, début de gestation et ration insuffisante.

Comment l'appliquer et mesurer le résultat

Le flushing coûte de l'aliment ; vous ne saurez s'il est rentable qu'en le mesurant :

  1. Notez l'état corporel et le poids de chaque brebis environ une semaine avant de commencer, puis à l'entrée du bélier.
  2. Placez les brebis dans un lot (enclos) dédié au nom clair, par exemple « Flushing - avant Tabaski ».
  3. Enregistrez la ration sous forme de repas déduits du stock d'aliment, pour connaître le coût exact du plan.
  4. Notez la date de saillie et le bélier pour chaque brebis, puis la gestation et le résultat : simple, jumeaux ou triplés.
  5. Comparez le taux de jumeaux et le coût d'aliment supplémentaire avec une saison précédente ou un lot sans flushing.

Avec Throf, tout se fait depuis le téléphone : lots, repas reliés au stock d'aliment, étapes saillie, gestation et mise bas (jumeaux et triplés compris), et pesées. En fin de saison, vous voyez le coût d'aliment supplémentaire face aux agneaux en plus, le chiffre qui décide si vous recommencez. Pour l'inscrire dans le calendrier global, consultez le plan de saison de lutte.

Les erreurs qui gâchent le flushing

  • Commencer trop tard : donner de l'orge le jour où le bélier entre ne laisse pas au corps le temps de réagir.
  • Faire un flushing aux brebis grasses : aliment gaspillé, et parfois plus de difficultés à l'agnelage.
  • Couper net après la lutte : une chute brutale en début de gestation peut nuire aux embryons.
  • Oublier le bélier : lui aussi doit être en bon état et contrôlé avant la saison.
  • Ne rien noter : sans chiffres, on dit « je crois que ça a marché » sans preuve.

FAQ

Combien de temps dure le flushing avant la lutte ?

En général environ 2 à 4 semaines avant l'entrée du bélier, puis pendant les 2 à 3 premières semaines de lutte, avec un retour progressif à la ration d'entretien.

Le flushing est-il utile pour les brebis grasses ?

Généralement non, c'est de l'aliment gaspillé. La meilleure réponse vient des brebis en état moyen qui prennent du poids avant l'ovulation.

Peut-on faire un flushing au pâturage plutôt qu'au grain ?

Oui. Un bon pâturage vert est l'une des méthodes les moins chères. L'important est que la brebis soit sur une courbe d'énergie et de poids montante avant la lutte.

Le flushing garantit-il des jumeaux ?

Non. Il augmente la probabilité, mais la race, l'âge et la santé fixent la limite.

Informations générales uniquement — elles ne remplacent pas votre vétérinaire ni les services compétents de votre pays.

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