Reproduction

Augmenter le taux de jumeaux chez les moutons : 6 leviers

Augmenter le taux de jumeaux chez les moutons dépend de la génétique, de la ration, de l'âge et du bélier. Les leviers pour plus d'agneaux par brebis.

Par Équipe Throf··6 min de lecture
Brebis avec ses deux agneaux jumeaux dans la bergerie — Throf

Pour augmenter le taux de jumeaux chez les moutons, agissez sur six leviers à la fois : garder brebis et béliers issus de mères prolifiques, faire un flushing avant la lutte, viser un état corporel moyen, compter sur des brebis en pleine maturité, limiter chaleur et stress pendant la lutte, et enregistrer chaque agnelage pour réformer les brebis qui ne donnent que des simples.

Des jumeaux, c'est plus de kilos d'agneau pour une brebis qui mange à peu près la même chose toute l'année : un des meilleurs leviers de rentabilité. Mais c'est aussi plus de travail : des agneaux plus petits, plus de besoin en colostrum et plus de surveillance. Le but n'est donc pas le maximum possible, mais ce que la brebis et votre conduite peuvent élever jusqu'au sevrage.

La génétique : le plafond que l'aliment ne dépasse pas

La race passe en premier. Certaines races sont réputées prolifiques, d'autres donnent surtout des agneaux simples. Beaucoup de races locales du Sahel et d'Afrique du Nord ont été sélectionnées pour la rusticité, la marche et la résistance à la chaleur plus que pour la taille de portée.

À l'intérieur d'une race, les écarts entre familles restent nets. La fille d'une brebis qui fait régulièrement des jumeaux a plus de chances d'en faire que la fille d'une brebis à simples. C'est donc dans le choix des agnelles de renouvellement que se construit la prolificité à long terme :

  • Gardez les agnelles nées jumelles de mères ayant plusieurs portées doubles.
  • Choisissez un bélier dont la mère était prolifique : il transmet ce caractère à ses filles.
  • Ne jugez pas une brebis sur son premier agnelage : les antenaises font plus souvent des simples.

Pour les critères de choix du bélier, consultez comment choisir un bélier reproducteur.

Alimentation et état corporel avant la lutte

Une brebis qui prend du poids à l'approche de la lutte libère plus d'ovules. C'est le principe du flushing : plus d'énergie quelques semaines avant l'entrée du bélier et au début de la lutte. Les détails pratiques sont dans notre guide du flushing des brebis avant la lutte.

Points clés :

  • Un état corporel moyen (environ 2,5 à 3,5 sur une échelle de 5) est idéal. Les brebis maigres ovulent moins ; les très grasses n'en profitent pas et peuvent devenir moins fertiles.
  • Minéraux et vitamines comptent pour la fertilité ; dans certaines zones, des carences en oligo-éléments réduisent l'ovulation. Demandez à un conseiller ou à votre vétérinaire ce dont votre région a besoin.
  • Une alimentation régulière après la lutte : des jumeaux sont parfois perdus après la fécondation si la ration chute brutalement en début de gestation.

L'âge, la santé et le bélier

L'âge de la brebis. La prolificité augmente généralement après le premier agnelage, atteint son maximum dans les années de pleine production, puis baisse avec l'âge et l'usure des dents. Un troupeau avec beaucoup d'antenaises ou de vieilles brebis affiche moins de jumeaux.

La santé. Tout ce qui fait maigrir ou donne de la fièvre autour de la lutte nuit à l'ovulation et à la survie des embryons : parasites, boiteries, mammites chroniques, maladies abortives. Le programme de vaccination doit suivre le calendrier du vétérinaire local ou du ministère.

Le bélier. Un bélier fatigué, fiévreux ou boiteux saillit moins de brebis : des cycles sont manqués et les agnelages s'étalent. Faites-le contrôler plusieurs semaines avant la saison et gardez un nombre de brebis par bélier adapté à son âge et à son état.

La chaleur. Le stress thermique pendant la lutte réduit la fertilité des béliers comme des brebis. Dans les régions chaudes, placez la lutte aux mois les plus frais si possible, avec ombre et eau fraîche en permanence.

Tableau : ce que vous maîtrisez et en combien de temps

LevierActionQuand l'effet apparaît
Renouvellement génétiqueGarder les agnelles jumelles, bélier de mère prolifiqueAprès une génération ou plus
FlushingPlus d'énergie 2-4 semaines avant la lutteLa même saison
État corporelTrier les brebis et les nourrir selon leur étatEn quelques semaines
Pyramide des âgesMoins de vieilles brebis, pas que des antenaisesEn une à deux saisons
Santé et bélierContrôle avant saison, parasites, piedsLa même saison
RéformeSortir les brebis à simples répétés et les mauvaises mèresProgressivement, chaque saison

Les registres : sans eux, impossible de savoir qui garder

La mémoire ne suffit plus avec cent brebis. Pour construire une vraie prolificité, il faut savoir pour chaque brebis : combien d'agnelages, combien d'agneaux à chaque fois, combien sevrés, qui sont sa mère et son père.

Dans Throf, tout cela figure sur la fiche de l'animal : numéro et couleur de boucle comme identité, mère et père, date de saillie, gestation, et mise bas simple, double ou triple. Avec le temps, il devient facile de sortir la liste des brebis qui ont fait plusieurs fois des jumeaux pour les garder, et de celles qui ont fait trois simples de suite pour les vendre avant la Tabaski. Cette comparaison simple, saison après saison, fait réellement monter le taux.

N'oubliez pas que les jumeaux se préparent avant la mise bas : colostrum suffisant, case d'agnelage prête, surveillance des brebis qui rejettent le second agneau. Voir préparer la saison d'agnelage.

Les erreurs qui font baisser les jumeaux sans qu'on s'en rende compte

  • Vendre les meilleures femelles : vendre les agnelles jumelles parce qu'elles sont plus petites et garder les grosses simples fait baisser le taux de génération en génération.
  • Un bélier d'origine inconnue : on ignore tout de la fertilité de sa mère.
  • Une lutte en pleine chaleur sans ombre ni eau fraîche.
  • Une coupure brutale de la ration après le retrait du bélier.
  • Juger à l'impression : « j'ai l'impression qu'il y a plus de jumeaux cette année » n'est pas un chiffre.

FAQ

Comment calculer le taux de jumeaux de mon troupeau ?

Divisez le nombre d'agneaux nés par le nombre de brebis ayant agnelé. Si 100 brebis donnent 130 agneaux, la prolificité est de 1,3 agneau par brebis ; suivez ce chiffre chaque saison.

Les jumeaux dépendent-ils de la génétique ou de l'alimentation ?

Des deux. La génétique fixe le plafond ; l'alimentation et l'état corporel avant la lutte décident de combien on s'en approche.

Faut-il garder les agnelles nées jumelles pour la reproduction ?

En général oui, surtout si leur mère fait régulièrement des jumeaux, à condition qu'elles soient saines et aient bien grandi jusqu'au sevrage.

Les jumeaux sont-ils toujours plus rentables ?

Seulement si la brebis et votre conduite permettent d'élever les deux agneaux jusqu'au sevrage. Sans colostrum ni surveillance, la mortalité augmente et le gain disparaît.

Informations générales uniquement — elles ne remplacent pas votre vétérinaire ni les services compétents de votre pays.

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