Calendrier de vaccination des moutons et chèvres : guide pratique
Calendrier de vaccination des moutons et chèvres : vaccins essentiels, primo-vaccination, rappels et erreurs à éviter. Protégez votre troupeau à moindre coût.

Un bon calendrier de vaccination des moutons et des chèvres couvre au minimum l'entérotoxémie, la PPR (peste des petits ruminants), la clavelée et la pasteurellose, avec une primo-vaccination des jeunes vers 6 à 8 semaines, un rappel 3 à 4 semaines plus tard, puis des rappels annuels ou selon les campagnes officielles. Le programme final est toujours fixé par votre vétérinaire.
La plupart des morts brutales dans une bergerie ne sont pas de la malchance. Ce sont souvent des maladies connues, pour lesquelles un vaccin existe, mais dont la date a été oubliée ou la dose mal administrée. La vaccination est l'assurance la moins chère qu'un éleveur puisse acheter : une dose coûte une petite fraction du prix d'un animal.
Important : le programme ci-dessous est un cadre général utilisé par beaucoup d'éleveurs et de vétérinaires. Votre programme définitif est fixé par votre vétérinaire et par les campagnes des services vétérinaires officiels de votre pays. Les maladies qui circulent changent d'une région à l'autre, et d'une année à l'autre, du Sénégal au Maroc.
Pourquoi la vaccination échoue chez tant d'éleveurs
Avant le calendrier, voici trois raisons pour lesquelles un excellent vaccin ne sert à rien :
- La chaleur. La plupart des vaccins doivent rester entre 2 et 8 °C. Un flacon oublié une heure dans une voiture en saison chaude peut perdre toute son efficacité. Prévoyez une glacière pour le trajet et pour la journée de travail.
- Le rappel oublié. Beaucoup de vaccins demandent une première dose puis un rappel 3 à 4 semaines plus tard. Sans la deuxième injection, la protection est faible et de courte durée.
- Vacciner un animal malade ou stressé. Un animal qui a la diarrhée, de la fièvre, ou qui vient d'être transporté depuis le marché ne fabrique pas une bonne immunité. Vaccinez au frais, tôt le matin, et une fois l'animal reposé.
Les vaccins essentiels pour moutons et chèvres
Le tableau résume les vaccinations que l'on retrouve le plus souvent dans les programmes d'Afrique de l'Ouest et du Nord. Les âges sont indicatifs : suivez ce que prescrit votre vétérinaire et ce qu'indique la notice du vaccin.
| Maladie | Pourquoi c'est important | Première dose (en général) | Rappel et renouvellement |
|---|---|---|---|
| Entérotoxémie (clostridies) | Mort brutale des agneaux et chevreaux bien portants, surtout après un changement de ration | 6 à 8 semaines (plus tôt si la mère n'est pas vaccinée) | Rappel 3 à 4 semaines après, puis chaque année ; mères 4 à 6 semaines avant la mise bas |
| PPR (peste des petits ruminants) | Maladie virale très contagieuse, objet de campagnes nationales | À partir de 3 à 4 mois (l'immunité maternelle gêne avant) | Selon le programme national ; protection de longue durée |
| Clavelée et variole caprine | Pertes de peau, de laine et de poids ; mortalité chez les jeunes | À partir de 2 à 3 mois | Chaque année, avant la saison à risque |
| Fièvre aphteuse | Maladie transfrontalière, couverte par des campagnes périodiques | Selon la campagne | Tous les 4 à 6 mois dans les zones exposées |
| Pasteurellose (pneumonie) | Mortalité après transport, entassement et changements de temps | Sur avis vétérinaire, souvent avant un transport ou la saison froide | Chaque année ou avant la période à risque |
| Brucellose | Avortements chez les femelles ; transmissible à l'homme | Uniquement sous le contrôle des services officiels | Selon le programme national |
Ce tableau ne couvre pas le déparasitage interne et externe (vers, tiques, gale). Ce n'est pas de la vaccination, mais cela a sa place dans le même calendrier, et il vaut mieux le décider après une analyse de crottes et un avis vétérinaire plutôt que de traiter tout le troupeau à l'aveugle, ce qui crée des résistances.
L'année vue comme un seul cycle
Considérez l'année de production comme une boucle qui commence à la lutte (voir notre plan de saison de lutte) :
- Deux semaines avant la lutte : notation de l'état corporel, déparasitage si nécessaire, et rattrapage des vaccins en retard pour les béliers et les brebis.
- 4 à 6 semaines avant la mise bas : rappel entérotoxémie des mères ; la protection passe au nouveau-né par le colostrum.
- À la naissance : colostrum dans les 6 premières heures. C'est la vaccination naturelle, et elle compte plus que toutes les doses qui suivront.
- 6 à 8 semaines : premières doses des agneaux et chevreaux, rappel 3 à 4 semaines plus tard.
- 3 à 4 mois : vaccins saisonniers des jeunes (PPR, clavelée, selon le programme).
- Avant la saison chaude et avant le froid : vérifiez les campagnes fièvre aphteuse et pasteurellose. Avant la Tabaski, assurez-vous que tous les animaux destinés à la vente sont à jour.
Ce qu'il faut noter à chaque dose
La différence entre l'éleveur qui perd de l'argent et celui qui n'en perd pas, c'est rarement le vaccin : c'est le registre. Pour chaque vaccination, notez :
- Le numéro de l'animal (ou les numéros du lot). Jamais « tous les moutons ».
- Le nom du vaccin, le numéro de lot et la date de péremption. Très utile si un lot se révèle défectueux.
- La voie d'administration (sous la peau, dans le muscle) et la personne qui a vacciné.
- La date du prochain rappel. C'est cette seule ligne qui évite un rappel oublié.
- Le délai d'attente, quand il existe. Certains produits imposent une période pendant laquelle la viande ou le lait ne doivent pas être vendus. Notez-le à côté de l'animal, pas dans votre tête.
Dans Throf, le programme de vaccination fait ce travail pour vous : vous choisissez le vaccin et le lot, vous voyez le calendrier mensuel et hebdomadaire, vous recevez un rappel avant la date, et chaque traitement reste inscrit dans la fiche de l'animal.
Les erreurs qu'on voit encore dans les bergeries
- Une seule aiguille pour des dizaines d'animaux : elle propage les maladies et abîme la dose.
- Garder un flacon entamé pour la semaine suivante : lisez la notice, la plupart s'utilisent dans la journée.
- Vacciner les animaux achetés le jour de leur arrivée : isolez-les d'abord 3 à 4 semaines, puis intégrez-les au programme.
- Compter sur sa mémoire au-delà de 30 têtes. C'est exactement là que les oublis commencent.
En résumé
Les vaccins coûtent peu, la mortalité coûte cher, et le registre fait le lien entre les deux. Commencez par un calendrier simple avec les trois vaccins les plus importants dans votre zone, fixez les dates de rappel, et notez chaque dose en face d'un numéro d'animal. Avec le temps, vous construisez un historique sanitaire complet par tête, utile à la vente, pour la sélection et à chaque visite du vétérinaire. Et pour savoir ce que chaque maladie vous coûte vraiment, apprenez à calculer votre coût par tête.
FAQ
Peut-on vacciner une brebis gestante ?
Pour certains vaccins oui, et c'est même conseillé : le rappel entérotoxémie 4 à 6 semaines avant la mise bas protège l'agneau par le colostrum. Certains vaccins vivants sont en revanche déconseillés pendant la gestation, lisez la notice et demandez à votre vétérinaire.
Le rappel a deux mois de retard, que faire ?
Dans la plupart des cas, on recommence le protocole (première dose puis rappel), car la protection d'une seule dose diminue vite. Ne doublez jamais la dose pour rattraper le retard.
Combien de fois par an faut-il vacciner le troupeau ?
Cela dépend du vaccin et de la région : certains sont annuels, d'autres tous les 4 à 6 mois dans les zones exposées, comme la fièvre aphteuse. L'essentiel est que chaque animal ait un calendrier écrit avec sa prochaine date.
Informations générales uniquement — elles ne remplacent pas votre vétérinaire ni les services compétents de votre pays.


