Brucellose chez les moutons, chèvres et dromadaires
La brucellose fait avorter brebis, chèvres et chamelles et donne la fièvre de Malte. Signes, dépistage et hygiène pour protéger troupeau et famille.

La brucellose est une maladie bactérienne des moutons, chèvres, dromadaires et bovins. Elle provoque surtout des avortements en fin de gestation, des petits chétifs, des non-délivrances et de l'infertilité, et elle se transmet à l'homme sous le nom de fièvre de Malte. Un animal infecté peut sembler en pleine forme. On la maîtrise par le dépistage sanguin, l'élimination des positifs selon le vétérinaire et les autorités, la vaccination du programme officiel, l'hygiène des mises bas et le refus du lait cru.
En Afrique comme au Moyen-Orient, la brucellose compte parmi les maladies les plus importantes pour les éleveurs de petits ruminants et de dromadaires, pour deux raisons : elle ruine la reproduction du troupeau sans bruit, et elle rend les gens malades. Éleveurs, bergers, bouchers et familles qui boivent du lait cru ou aident aux mises bas à mains nues sont les plus exposés. Dans de nombreux pays, c'est une maladie à déclaration obligatoire, gérée avec les services vétérinaires officiels.
Comment se transmet la brucellose ?
Les bactéries sont très abondantes dans les avortons, les placentas et les liquides de mise bas des femelles infectées. Elles passent aussi dans le lait et, chez le mâle, peuvent atteindre les testicules et la semence. Principales voies de contamination entre animaux :
- Contact avec les avortements et mises bas : animaux qui lèchent ou flairent l'avorton, litière, aliment et eau souillés.
- Achat d'animaux infectés, souvent des femelles d'apparence normale.
- Lutte avec des mâles infectés.
- Tétée sur des mères infectées.
- Pâturages, points d'eau et marchés partagés où se mélangent de nombreux troupeaux.
L'homme se contamine surtout :
- En buvant du lait cru (non bouilli, non pasteurisé) ou en mangeant des produits laitiers frais faits avec.
- En manipulant avortons, mises bas et placentas sans gants.
- Au contact des tissus infectés lors de l'abattage.
Les signes chez l'animal
La difficulté, c'est que beaucoup d'animaux infectés ne paraissent pas malades. Regardez le troupeau plutôt qu'un seul animal :
| Espèce | Signes fréquents |
|---|---|
| Brebis et chèvres | Avortements en fin de gestation, mort-nés, agneaux et chevreaux chétifs, non-délivrance, baisse de lait, infertilité |
| Béliers et boucs | Testicules gonflés, durs ou inégaux, baisse de fertilité |
| Dromadaires | Avortements, mort-nés, non-délivrance, fertilité réduite ; souvent peu de signes visibles |
Une « série d'avortements », plusieurs femelles qui avortent en peu de temps, doit toujours conduire à une visite du vétérinaire et à des analyses. La brucellose n'est pas la seule cause d'avortement : d'autres infections, des carences ou le stress peuvent aussi être en cause, comme l'explique notre article sur les causes d'avortement chez la brebis et la chèvre. Seul le laboratoire permet de trancher.
Diagnostic et sort des animaux positifs
Le diagnostic repose sur des prises de sang et parfois sur l'analyse du lait ou de prélèvements sur l'avorton. Le vétérinaire choisit les tests et les interprète, souvent avec le laboratoire officiel.
La suite dépend de la réglementation de votre pays. Dans beaucoup de programmes de lutte, les animaux positifs sont retirés de la reproduction et abattus sous contrôle vétérinaire, et le troupeau est recontrôlé à intervalles réguliers jusqu'à être indemne. Le traitement des animaux n'est généralement pas la méthode utilisée pour un troupeau : ne tentez jamais de traiter vous-même une suspicion de brucellose avec des antibiotiques.
Prévenir dans le troupeau
Acheter avec prudence. Demandez les résultats d'analyses ou achetez dans des troupeaux au statut sanitaire connu. Gardez les nouveaux animaux à part et faites-les dépister avant tout mélange ; voir notre guide de la quarantaine des nouveaux animaux.
Vacciner dans le cadre officiel. Des vaccins existent pour les petits ruminants et sont utilisés dans de nombreux pays, mais qui vacciner, à quel âge et avec quel produit est décidé par le ministère et le vétérinaire. Certains vaccins peuvent fausser les tests ou poser problème chez les femelles gestantes : raison de plus pour ne jamais vacciner de votre propre initiative.
Traiter chaque avortement comme un risque.
- Portez des gants, et si possible un masque, pour manipuler l'avorton.
- Isolez la femelle qui a avorté.
- Mettez l'avorton et le placenta dans un sac fermé et appelez le vétérinaire pour les prélèvements.
- Éliminez-les ensuite de façon sûre (enfouissement ou selon le vétérinaire), hors de portée des chiens et autres animaux.
- Nettoyez et désinfectez l'endroit, retirez la litière souillée.
Prévoir un espace de mise bas facile à nettoyer, sans surpeuplement.
Surveiller les mâles. Faites dépister les reproducteurs et écartez tout mâle aux testicules anormaux jusqu'à l'examen du vétérinaire.
Protéger la famille et les bergers
Chez l'homme, la brucellose peut donner une fièvre longue et récidivante, des sueurs, des douleurs articulaires et une grande fatigue ; elle nécessite un traitement médical. Quelques règles simples évitent la plupart des cas :
- Faire bouillir ou pasteuriser tout le lait de brebis, de chèvre et de chamelle avant de le boire ou d'en faire des produits laitiers.
- Porter des gants pour aider aux mises bas, manipuler les avortons et retirer les placentas.
- Se laver les mains au savon après tout contact avec les animaux, surtout en période d'agnelage.
- Prévenir son médecin qu'on travaille avec le bétail en cas de fièvre inexpliquée ou répétée.
Des fiches qui aident à lutter contre la maladie
Un programme contre la brucellose suppose de savoir quel animal est lequel et ce qui lui est arrivé :
- Notez chaque avortement avec la date, la femelle, le stade de gestation et les conclusions du vétérinaire.
- Conservez les dates et résultats des analyses sur la fiche de chaque animal.
- Donnez le statut d'isolement aux animaux suspects ou positifs et placez-les dans un lot séparé.
- Suivez le nombre d'avortements et de naissances saison après saison.
Dans Throf, l'avortement s'enregistre comme un événement de production sur la femelle, les analyses et visites du vétérinaire vont dans son historique santé, et le statut d'isolement garde les suspects visibles pour toute l'équipe. Quand le vétérinaire demande combien d'avortements cette saison et chez quelles femelles, la réponse est à portée de main.
FAQ
L'homme peut-il attraper la brucellose des moutons et des chèvres ?
Oui, surtout en buvant du lait cru ou des produits laitiers frais faits avec, et en manipulant mises bas et avortons sans gants. Faire bouillir le lait et porter des gants évitent la plupart des cas.
Peut-on guérir la brucellose chez la brebis ?
Le traitement des animaux n'est généralement pas utilisé pour un troupeau. La lutte repose sur le dépistage, l'élimination des positifs selon le vétérinaire et les autorités, la vaccination officielle et l'hygiène.
Le dromadaire peut-il avoir la brucellose ?
Oui, la chamelle peut être infectée et transmettre la maladie à l'homme par le lait cru. Elle montre souvent peu de signes en dehors des avortements ou d'une baisse de fertilité, d'où l'importance du dépistage.
Peut-on boire le lait de chamelle cru ?
Le lait de chamelle cru peut transmettre la brucellose et d'autres infections. Faites-le bouillir ou pasteuriser avant de le boire, surtout si le statut sanitaire du troupeau est inconnu.
Informations générales uniquement — elles ne remplacent pas votre vétérinaire ni les services compétents de votre pays.


